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fiscalité & mobilité

Royaume-Uni : retenue FEU, visa et statut du chanteur freelance

Self-employed, retenue FEU 20 %, ETA obligatoire, A1 jusqu'à 24 mois : ce qui s'applique à un cachet britannique pour un résident français. À jour 2026.

Au Royaume-Uni, pas d'intermittence ni de caisse d'artistes : le chanteur freelance y est par défaut self-employed, et tout se joue sur trois terrains — la retenue fiscale (régime FEU), ta couverture sociale (le certificat A1 te garde au régime français) et la porte d'entrée immigration (souvent sans visa, mais ETA obligatoire). Post-Brexit, tes dates britanniques ne nourrissent plus ton dossier français comme avant.

Le paysage local, en bref

  • Statut : la plupart des interprètes sont self-employed (Self Assessment, National Insurance Class 4 : 6 % au-delà de 12 570 £, 2 % au-delà de 50 270 £ ; la Class 2 n'est plus due depuis 2024). Un engagement permanent dans une compagnie peut être salarié (PAYE).
  • Chômage : un self-employed n'a pas droit au New Style JSA (il exige des cotisations Class 1 de salarié). Le seul filet est l'Universal Credit, sous conditions de ressources. Rien de comparable aux 507 heures n'existe.

Ton cachet britannique : la retenue FEU

Dès que le total versé à un artiste non-résident dépasse le montant du personal allowance (12 570 £ en 2026-27), le payeur doit opérer une retenue à la source de 20 % sur le paiement — le régime du Foreign Entertainers Unit (Income Tax Act 2007). Deux choses à savoir :

  • C'est un acompte, pas un impôt final : régularisable via Self Assessment (feuille HS303) si tes frais réels réduisent la note.
  • Une retenue réduite se négocie : demande FEU8 auprès de HMRC, au moins 30 jours avant le paiement.

Côté France : la convention fiscale de 2008 (article 17) rend le cachet imposable au Royaume-Uni ; ce cachet entre aussi dans ton revenu mondial au barème progressif, la France accordant un crédit d'impôt égal à l'impôt britannique payé, dans la limite de l'impôt français correspondant (article 24). Pas de double imposition, mais pas d'exonération : le cachet se déclare en France.

Sécurité sociale, 507 heures et visa

  • Sécurité sociale : le protocole du Trade and Cooperation Agreement fonctionne comme l'ancien détachement — un indépendant français en mission temporaire (jusqu'à 24 mois) reste au régime français avec un certificat A1 (à demander à l'Urssaf) ; aucune National Insurance à payer sur place.
  • Tes 507 heures : un engagement self-employed ne génère aucune cotisation chômage — ces dates n'alimentent pas tes 507 h. Pour des périodes salariées, le TCA prévoit un principe de totalisation (document U1), mais France Travail exige d'avoir retravaillé en France en dernier lieu, et le traitement précis de ces périodes dans le régime intermittent n'est tranché nulle part : ne compte pas sur tes dates UK dans ton plan 507 h.
  • Visa : pour un engagement payé ponctuel, un Français entre sans visa préalable (Permitted Paid Engagement, engagement dans les 30 premiers jours ; ou concession Creative Worker jusqu'à 3 mois avec Certificate of Sponsorship). Mais l'ETA est obligatoire : depuis le 2 avril 2025, il faut obtenir l'Electronic Travel Authorisation (16 £, via l'app UK ETA) avant d'embarquer.

Cas concret

Oscar, résident français, chante à Londres en self-employed : 10 jours, 8 000 £ de cachet.

  • Ce qu'il déclare : si le total dépasse 12 570 £, retenue FEU de 20 % ; ici 8 000 £ < seuil → potentiellement rien retenu. Il déclare le cachet en France (2047 → 2042), avec un crédit d'impôt égal à l'impôt britannique. Et il a pris son ETA avant d'embarquer.
  • Impact sur ses 507 h : zéro — un self-employed ne cotise pas au chômage britannique, il n'y a donc rien à totaliser. Oscar n'inscrit pas ces 10 jours dans son plan 507 h.

Questions fréquentes

Ai-je besoin d'un visa pour chanter une date à Londres ?

En général non : le Permitted Paid Engagement permet un engagement payé sans visa préalable (dans les 30 premiers jours du séjour). Mais depuis le 2 avril 2025, l'ETA (16 £, autorisation électronique) est obligatoire avant d'embarquer — ce n'est pas un visa, mais sans elle tu ne montes pas dans l'avion.

Mes cachets britanniques comptent-ils pour mes 507 heures ?

En pratique non : un self-employed ne cotise pas au chômage britannique, il n'y a donc rien à totaliser. N'inscris pas ces dates dans ton plan 507 h.