Italie : agibilità, FPLS et IDIS pour le chanteur lyrique freelance
Certificato di agibilità, cotisations FPLS, indemnité IDIS, retenue 30 % : le système italien pour un résident français. À jour 2026.
En Italie, la bonne nouvelle est administrative : c'est l'organisateur, pas toi, qui porte l'essentiel des obligations (cotisations FPLS, certificato di agibilità). Ce qu'il faut connaître de ton côté : comment tes dates italiennes s'articulent avec ton régime français, et ce que vaut le filet italien — l'IDIS, qui n'est pas fait pour les artistes de passage.
Le système italien, en bref
- FPLS (ex-ENPALS) : les « artisti lirici » figurent expressément dans les catégories obligatoirement assurées, que le contrat soit salarié ou indépendant. L'ENPALS n'existe plus comme caisse depuis 2012 — c'est l'INPS qui gère.
- Certificato di agibilità : le document qui autorise un organisateur à faire se produire des travailleurs du spectacle. C'est lui qui le demande (129 € d'amende par jour et par artiste à défaut), pas toi. Depuis 2019, il n'est plus exigé pour les contrats salariés — il reste obligatoire pour les prestations autonomes.
- Pas d'intermittence à l'italienne : aucun équivalent des 507 heures.
L'IDIS, le filet italien — pas pour les artistes de passage
Depuis 2024, l'indennità di discontinuità (IDIS) remplace l'ALAS. En 2026 : au moins 51 jours cotisés au FPLS l'année précédente, revenu ≤ 35 000 €, indemnité = 60 % du salaire journalier moyen × 1/3 des jours cotisés, versée en une fois (campagne 2026 : jusqu'au 30 avril). Deux verrous pour un Français en tournée : il faut résider en Italie depuis au moins un an et tirer du spectacle son revenu prépondérant. Les salariés du spectacle ont par ailleurs droit à la NASpI aux conditions générales.
Résident français : tes cachets, tes heures, tes impôts
- Ta sécurité sociale : en pluriactivité, si ≥ 25 % de ton activité reste en France, le formulaire A1 te maintient au régime social français, et l'organisateur italien obtient une agibilità « en exonération de cotisations » italiennes. L'A1 règle ta sécu, pas tes 507 h.
- Tes 507 heures : engagé et payé par l'organisateur italien (le cas courant), tes jours comptent à 6 heures par jour via le formulaire U1, si tu as travaillé au moins un jour en France — même avec un A1 (6 h/jour au lieu de 12 h/cachet, c'est moins favorable). Tes cachets ne comptent à 12 h que si un employeur français te détache en Italie (AEM française).
- Fiscalité : cachet italien de non-résident = retenue de 30 % à titre définitif (art. 25 DPR 600/1973), conforme à l'article 17 de la convention franco-italienne ; côté France, ce cachet entre dans ton revenu mondial au barème progressif, avec un crédit d'impôt égal à l'impôt italien payé, plafonné à l'impôt français. Cas particulier : si ta venue est financée majoritairement (50 % ou plus) par des fonds publics français — ton État de résidence —, la convention réserve l'imposition à la France. Attention : un teatro italien subventionné par l'État italien ne déclenche pas cette exception.
Cas concret
Giulia, résidente française, est engagée par un teatro italien : 18 jours, 8 000 € de cachets, avec une date en France dans la période.
- Ce qu'elle déclare : retenue italienne de 30 % à la source (2 400 €). Elle déclare les 8 000 € bruts en France (2047 → 2042), avec un crédit d'impôt égal à l'impôt italien.
- Impact sur ses 507 h : sur présentation du U1 italien, France Travail retient 6 h × 18 jours = 108 h — même avec un A1. Avec un A1, l'organisateur obtient l'agibilità en exonération de cotisations italiennes, mais ça ne change pas le 6 h/jour.